Vous avez sans doute déjà vécu cette scène. Une position part dans le bon sens : vous la fermez vite, soulagé d'avoir sécurisé le gain. Une autre part dans le mauvais sens : vous attendez. Elle va revenir. Il suffit d'être patient.
Ce comportement n'est pas un trait de caractère. C'est l'un des biais les mieux documentés de la finance comportementale.
Une perte pèse plus lourd qu'un gain
En 1979, les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky publient la théorie des perspectives. Elle montre que nous ne jugeons pas un résultat en valeur absolue, mais par rapport à un point de référence, et que les pertes et les gains ne pèsent pas le même poids.
Perdre cent euros fait à peu près deux fois plus mal que gagner cent euros ne fait plaisir. Ce déséquilibre, appelé aversion à la perte, suffit à expliquer beaucoup de décisions de trading.
L'effet de disposition
En 1985, les économistes Hersh Shefrin et Meir Statman donnent un nom à sa conséquence sur les marchés : l'effet de disposition. Les investisseurs ont tendance à :
- vendre trop tôt leurs positions gagnantes, pour « verrouiller » le plaisir du gain ;
- garder trop longtemps leurs positions perdantes, parce que vendre reviendrait à reconnaître l'erreur.
Tant que la position est ouverte, la perte reste « latente ». On se dit qu'elle n'est pas réelle. Fermer la position, c'est la rendre définitive.
Ce que coûte le biais
En 1998, l'économiste Terrance Odean étudie des milliers de comptes de particuliers chez un courtier américain. Le constat est net : les investisseurs réalisent leurs gains nettement plus volontiers que leurs pertes. Et les titres gagnants qu'ils vendent font ensuite mieux que les titres perdants qu'ils conservent.
Autrement dit, le portefeuille se vide de ses meilleures positions et se remplit des pires.
Pourquoi c'est pire en trading à effet de levier
Sur un compte à effet de levier, garder une perte en espérant qu'elle revienne ne coûte pas seulement de l'argent. Cela coûte de la marge, parfois du swap chaque nuit, et cela expose à un appel de marge si le marché continue dans le mauvais sens. C'est exactement le schéma qui a coulé la banque Barings, à une autre échelle.
La parade : décider avant
La solution n'a rien de spectaculaire. Elle consiste à retirer la décision de sortie du moment où l'émotion est la plus forte.
- Avant d'entrer, écrivez votre niveau de sortie en perte et votre objectif de gain.
- Placez les ordres correspondants dès l'ouverture de la position.
- Ne les déplacez que dans un sens : celui qui réduit le risque, jamais celui qui l'augmente.
- Relisez votre journal chaque mois : comptez les positions coupées avant leur objectif et celles gardées au-delà de leur stop.
Le plan se fait avant d'entrer. Pas pendant.
Le trading sur marge comporte un risque élevé de perte en capital, que le cashback ne réduit pas. RendR n’est pas un conseiller en investissement, ne gère aucun capital pour le compte de ses utilisateurs et ne détient jamais le mot de passe de trading d’un compte. Le cashback dépend des accords conclus avec chaque broker partenaire.
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